À l'occasion de la 20e JournĂ©e nationale des Dys, les 9 et 10 octobre 2026, la FĂ©dĂ©ration française des Dys (FFDys) et Poppins ont publiĂ© une consultation rĂ©alisĂ©e par OpinionWay sur le parcours de vie des personnes dys. Cette enquĂȘte troubles dys 2026 met des chiffres sur ce que beaucoup de familles dĂ©crivent depuis longtemps : un « parcours du combattant » entre les dĂ©lais, le coĂ»t des rééducations et la fatigue de l'enfant Ă  l'Ă©cole. Voici ce qu'elle mesure, ses limites, et ce que vous pouvez faire concrĂštement.

En bref : selon une consultation OpinionWay pour Poppins et FFDys menĂ©e en ligne auprĂšs de 3 534 parents et 332 adultes dys, 94 % des parents ont rencontrĂ© au moins un obstacle pour accĂ©der aux soins, 38 % ont attendu au moins un an avant la prise en charge et 44 % ont dĂ©jĂ  renoncĂ© Ă  un soin ou un bilan faute de moyens. Les chiffres sont dĂ©claratifs et l'Ă©chantillon n'est pas prĂ©sentĂ© comme reprĂ©sentatif, mais ils confirment l'intĂ©rĂȘt de connaĂźtre les PCO, le PAP et la MDPH.

Article d'actualité rédigé le 21 octobre 2026.

EnquĂȘte troubles dys 2026 : ce qui a Ă©tĂ© publiĂ©

Le communiqué du 8 octobre 2026 présente un « BaromÚtre FFDys x Poppins », relayé par la FFDys sur son site le 9 octobre. Le 8 octobre, handicap.gouv.fr publiait aussi une page sur la Journée nationale des Dys.

La méthode, telle qu'annoncée

  • Qui a rĂ©pondu : 3 534 parents d'enfants atteints d'un trouble dys et 332 adultes dys.
  • Quand : consultation ouverte du 14 septembre au 1er octobre 2026.
  • Comment : questionnaire auto-administrĂ© en ligne (systĂšme CAWI), selon les procĂ©dures de la norme ISO 20252.
  • Qui a commandĂ© : la FFDys, fĂ©dĂ©ration d'associations de personnes dys, et Poppins, une entreprise qui commercialise un dispositif mĂ©dical numĂ©rique pour la dyslexie.

Tous les pourcentages qui suivent proviennent de la « Consultation OpinionWay pour Poppins et FFDys ».

De quels troubles parle-t-on ?

Handicap.gouv.fr rappelle que les troubles dys regroupent notamment la dyslexie (lecture), la dysphasie (langage oral), la dyspraxie (coordination et planification des gestes) et la dyscalculie (mathématiques). Selon la FFDys, ils concerneraient « environ 6 à 8 % de la population », soit un à deux enfants par classe. Et toujours selon cette page, 40 % des personnes concernées présentent plusieurs troubles associés.

Le « parcours du combattant » des familles, en chiffres

Le diagnostic est posé en moyenne à 7 ans. C'est souvent ensuite que les difficultés commencent.

Des délais et des places qui manquent

  • 94 % des parents dĂ©clarent avoir rencontrĂ© au moins un obstacle dans l'accĂšs aux soins : manque de places chez les professionnels (73 %), longueur des dĂ©lais annoncĂ©s (51 %), manque d'information (43 %).
  • Parmi les parents dont l'enfant est ou a Ă©tĂ© pris en charge, 38 % ont attendu au moins un an entre la premiĂšre demande de rendez-vous et le dĂ©but de la prise en charge.
  • 24 % des parents se dĂ©clarent aujourd'hui sans solution de prise en charge.

Nathalie Groh, présidente de la FFDys, souligne dans le communiqué qu'un parent sur deux ne connaßt pas les Plateformes de Coordination et d'Orientation (PCO), une ressource contre l'errance thérapeutique. Nous y revenons plus bas.

Des parents épuisés

94 % des parents parlent d'un « parcours du combattant », 90 % se sentent Ă©puisĂ©s par la situation, et 88 % disent se sentir souvent seuls et devoir dĂ©fendre sans cesse leur enfant. Si vous vous y reconnaissez, vous n'ĂȘtes pas seul.

Un coût qui pÚse sur toute la famille

44 % des parents déclarent avoir déjà renoncé à un soin ou à un bilan faute de ressources, dont 26 % à plusieurs reprises. 22 % évoquent un reste à charge annuel d'au moins 1 000 euros aprÚs remboursements et aides. Et 61 % ont dû adapter leur temps de travail.

Les rendez-vous se font attendre, mais les efforts de votre enfant, eux, sont lĂ  tous les jours. Neurenix vous aide Ă  les voir et Ă  les valoriser avec un contrat de comportement positif, construit ensemble. Gratuit, sans carte bancaire.

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À l'Ă©cole et aprĂšs : fatigue, estime de soi et parcours adulte

Une fatigue trÚs fréquente

94 % des parents disent leur enfant fatigué par les efforts demandés à l'école, dont 64 % trÚs souvent. Un enfant dyslexique qui déchiffre chaque mot dépense une énergie que ses camarades n'ont pas à fournir.

Des devoirs sous tension

Pour 84 % des parents, les devoirs sont un moment de conflit régulier. Nos pistes pour désamorcer ce moment sont dans l'article enfant TDAH et devoirs : que faire ; elles valent aussi pour beaucoup d'enfants dys.

L'image de soi et les moqueries

75 % des parents rapportent que leur enfant se dévalorise. 31 % disent qu'il se plaint de moqueries (11 % trÚs souvent), une proportion qui monte à 39 % chez les enfants qui ne sont pas encore pris en charge.

Et Ă  l'Ăąge adulte ? Ce que disent les 332 adultes dys

L'enquĂȘte a aussi interrogĂ© des adultes dys sur leur propre parcours. 91 % dĂ©clarent au moins une consĂ©quence sur leur parcours scolaire : 45 % pensent avoir un niveau d'Ă©tudes infĂ©rieur Ă  leurs capacitĂ©s, 37 % ont redoublĂ© et 24 % ont abandonnĂ© leurs Ă©tudes. 85 % dĂ©clarent au moins une consĂ©quence sur leur vie professionnelle.

Ces adultes ont grandi à une autre époque, souvent sans diagnostic ni aménagement : leurs réponses ne disent pas ce que deviendra un enfant repéré aujourd'hui.

Les mesures demandées en priorité

Parents et adultes placent en tĂȘte deux mesures : le remboursement des prises en charge aujourd'hui non remboursĂ©es (51 % des parents, 42 % des adultes) et la formation systĂ©matique des enseignants (51 % des parents, 36 % des adultes).

Mesuré, annoncé, en place : faire le tri

Ce qui est mesuré

Tous les pourcentages ci-dessus sont des déclarations de parents et d'adultes : ce qu'ils ont vécu et ressenti. Ce ne sont pas des données médicales ni des statistiques nationales sur l'ensemble des enfants dys.

Ce qui est en place

Selon handicap.gouv.fr (page du 8 octobre 2026) : plus de 55 000 professionnels de santĂ© ont Ă©tĂ© sensibilisĂ©s au repĂ©rage des Ă©carts de dĂ©veloppement ; 70 nouveaux dispositifs spĂ©cifiques ont ouvert Ă  la rentrĂ©e 2026 ; des professeurs ressources TND (PR-TND) continuent d'ĂȘtre dĂ©ployĂ©s dans les Ă©coles, collĂšges et lycĂ©es pour Ă©pauler les enseignants. Notre article sur la rentrĂ©e 2026 et la stratĂ©gie autisme-TND dĂ©taille ce contexte.

Ce qui est annoncé

La dĂ©lĂ©gation interministĂ©rielle a demandĂ© Ă  la Haute AutoritĂ© de santĂ© (HAS) d'ouvrir des travaux pour une recommandation transversale sur l'ensemble des troubles dys. À ce stade, il s'agit d'une demande : aucune recommandation n'est publiĂ©e. De son cĂŽtĂ©, Poppins indique dans le communiquĂ© ĂȘtre remboursĂ© en anticipĂ© par l'Assurance maladie depuis juillet 2026 ; c'est une information donnĂ©e par l'entreprise elle-mĂȘme.

Les limites de cette enquĂȘte

Ces chiffres donnent la parole aux familles, mais se lisent avec quelques précautions.

  • Un questionnaire en ligne auto-administrĂ© : chacun rĂ©pond seul, sans enquĂȘteur, et la consultation Ă©tait ouverte Ă  qui voulait y participer.
  • Des rĂ©pondants volontaires : les familles qui rĂ©pondent Ă  un baromĂštre portĂ© par une fĂ©dĂ©ration sont probablement dĂ©jĂ  informĂ©es et mobilisĂ©es, peut-ĂȘtre aussi plus en difficultĂ© que la moyenne. Le communiquĂ© ne prĂ©sente pas l'Ă©chantillon comme reprĂ©sentatif de l'ensemble des familles concernĂ©es.
  • Des chiffres dĂ©claratifs : « fatiguĂ© », « Ă©puisĂ© », « se dĂ©valorise » dĂ©crivent des perceptions, pas des mesures cliniques.
  • Un co-commanditaire commercial : la consultation a Ă©tĂ© commandĂ©e avec Poppins, une entreprise qui commercialise un dispositif de rééducation de la dyslexie. C'est une information Ă  avoir en tĂȘte, comme pour toute Ă©tude financĂ©e par un acteur du secteur.

Ces limites n'effacent pas le message : des milliers de parents dĂ©crivent les mĂȘmes obstacles.

Ce que ça change pour votre enfant

Cette enquĂȘte ne change pas les droits de votre enfant. Elle rappelle des dispositifs qui existent dĂ©jĂ  et restent mĂ©connus.

Dys et TDAH : souvent ensemble

Un enfant dys peut aussi avoir un TDAH, et inversement. Handicap.gouv.fr rappelle que 40 % des personnes dys présentent plusieurs troubles associés (pas forcément un TDAH). La recommandation de la HAS sur le TDAH de l'enfant (2024) souligne de son cÎté que la complexité du diagnostic tient à l'existence de troubles associés, et prévoit des bilans orthophonique, ergothérapique ou psychomoteur selon les difficultés observées. Si votre enfant a un trouble dys et que l'attention ou l'agitation posent aussi question, parlez-en à son médecin ; notre article sur le diagnostic TDAH de l'enfant décrit le parcours.

Le regard sur l'enfant compte autant que les rééducations

Avec 75 % d'enfants qui se dĂ©valorisent selon leurs parents, la maison peut devenir le lieu oĂč l'on remarque ce qui va bien.

PĂšre et fils qui lisent ensemble Ă  la lampe de poche : soutenir un enfant dys Ă  la maison
Lire ensemble, sans enjeu scolaire, garde le plaisir des livres intact.

Ce que vous pouvez faire dĂšs maintenant

Ces pistes ne remplacent pas l'avis du médecin ou des professionnels qui suivent votre enfant.

1. Demander au médecin une orientation vers une PCO

Les Plateformes de Coordination et d'Orientation organisent le parcours de bilan et d'intervention précoce pour les enfants avec un trouble du neurodéveloppement. Selon monparcourshandicap.gouv.fr, le forfait d'intervention précoce concerne les enfants de 0 à 12 ans : un médecin prescrit le parcours, et le forfait finance pendant un an (renouvelable une fois, selon la fiche technique de handicap.gouv.fr) des bilans et séances d'ergothérapeutes, de psychomotriciens et de psychologues libéraux. Si votre enfant a moins de 12 ans, demandez à votre médecin traitant, au pédiatre ou au médecin scolaire si une orientation vers la PCO de votre secteur est possible.

2. Demander un PAP à l'école

Le plan d'accompagnement personnalisé (PAP) permet des aménagements pédagogiques pour un enfant dont les troubles des apprentissages sont durables, sans passer par la MDPH. Tout est expliqué dans notre guide aménagements scolaires : PAP, PPS, AESH.

3. Penser au dossier MDPH si les besoins sont plus lourds

Si l'enfant a besoin d'une aide humaine ou de matériel, un dossier MDPH peut ouvrir des droits (PPS, AEEH selon les situations). Notre article dossier MDPH : mode d'emploi vous guide pas à pas.

4. Alléger les devoirs et valoriser l'effort

Fatigue et conflits du soir se rĂ©pondent. Raccourcir les sĂ©ances, faire une pause, fĂ©liciter l'effort plutĂŽt que le rĂ©sultat : notre article 30 exemples de renforcement positif donne des phrases prĂȘtes Ă  l'emploi. Prenons LĂ©o, 9 ans, dyslexique : « Tu as lu toute la page sans t'arrĂȘter, bravo pour ta persĂ©vĂ©rance » vaut mieux que « encore trois fautes ».

5. Garder une trace des victoires

Neurenix, l'application de contrat de comportement éditée par Bapst Technologies, ne rééduque rien et ne remplace aucune prise en charge. Elle sert à poser des consignes positives, à voir les efforts de l'enfant jour aprÚs jour et à les récompenser. Le Journal des Victoires (plan Famille, voir les tarifs) permet de noter les petites réussites et de les relire ensemble les jours difficiles.

Sources