Monter un dossier MDPH TDAH pour son enfant, c'est souvent un moment chargé : on a l'impression de devoir prouver que son enfant « va mal » et l'on se perd entre les formulaires et les sigles. Pourtant, la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) est la porte d'entrée vers plusieurs aides utiles quand le trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité pèse sur la scolarité et la vie de famille. Ce guide vous accompagne pas à pas, du formulaire aux recours.

En bref : un dossier MDPH pour un enfant TDAH comprend au minimum le formulaire de demande (Cerfa n° 15692*01), le certificat médical (Cerfa n° 15695*01, valable 12 mois), un justificatif d'identité et un justificatif de domicile. Pour l'école, on y joint le GEVA-Sco rempli par l'équipe éducative. La CDAPH décide (PPS, AESH, matériel adapté, AEEH, orientation). En cas de désaccord, un recours amiable (RAPO) est possible dans les 2 mois.

À quoi sert la MDPH pour un enfant TDAH ?

La MDPH est présentée par le site officiel monparcourshandicap.gouv.fr comme le guichet unique d'accueil, d'information et d'accompagnement des personnes handicapées et de leur famille. Pour un enfant TDAH, le dossier n'est pas une étape obligatoire : beaucoup d'élèves sont bien accompagnés avec un plan d'accompagnement personnalisé (PAP), qui se met en place directement avec l'école, sans passer par la MDPH. Le dossier devient pertinent quand les difficultés sont durables et importantes, et que les aménagements pédagogiques ne suffisent plus.

Ce que l'on peut demander

  • Le projet personnalisé de scolarisation (PPS) : il organise la scolarité de l'élève en situation de handicap et regroupe les mesures de compensation décidées par la MDPH.
  • Une aide humaine (AESH) : l'accompagnant des élèves en situation de handicap, individuel ou mutualisé, notifié dans le cadre du PPS.
  • Du matériel pédagogique adapté : par exemple un ordinateur quand l'écriture manuscrite est un frein majeur, souvent en lien avec un trouble DYS associé.
  • L'allocation d'éducation de l'enfant handicapé (AEEH), et éventuellement un complément selon la situation de la famille.
  • Une orientation : vers un dispositif ou un service médico-social (par exemple un accompagnement par un SESSAD), quand c'est adapté.

Le détail des différences entre PPRE, PAP et PPS, ainsi que la liste des aménagements que l'on peut demander en classe, est expliqué dans notre article sur les aménagements scolaires TDAH (PAP, PPS, AESH). Ici, on se concentre sur le dossier administratif lui-même.

Faut-il un diagnostic posé ?

La MDPH évalue le retentissement des difficultés au quotidien, pas une étiquette. Un diagnostic médical appuyé par des bilans rend toutefois le dossier plus solide. Si vous êtes encore en cours de démarche, notre guide du diagnostic TDAH chez l'enfant détaille le parcours ; et si vous vous demandez encore si les comportements observés relèvent du trouble, commencez par les signes du TDAH chez l'enfant.

Qui décide : la CDAPH et l'équipe pluridisciplinaire

La MDPH accuse réception du dossier. Une équipe pluridisciplinaire, dont la composition varie selon les départements, évalue ensuite les besoins de votre enfant en tenant compte de sa situation globale : santé, scolarité, vie familiale, et des souhaits exprimés par la famille. Elle propose un plan personnalisé de compensation.

C'est ensuite la Commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH) qui prend les décisions : attribution de l'AEEH, PPS, aide humaine, matériel, orientation. La décision vous est notifiée par courrier et transmise aux organismes concernés (l'école, la CAF ou la MSA pour l'allocation). Pendant l'évaluation, les parents peuvent être assistés par une personne de leur choix.

Le formulaire Cerfa et le certificat médical MDPH

Le formulaire de demande (Cerfa n° 15692*01)

Le même formulaire sert à toutes les demandes adressées à la MDPH, première demande comme renouvellement. Il se dépose en version papier ou, si votre MDPH le propose, via un service en ligne. Il comporte plusieurs parties : l'identité de l'enfant, sa vie quotidienne, sa scolarité, vos attentes et besoins, et éventuellement la situation de l'aidant familial. Cochez ce que vous souhaitez clairement (par exemple le PPS ou l'AEEH) et décrivez les besoins : l'équipe peut proposer d'autres réponses adaptées.

Le certificat médical (Cerfa n° 15695*01)

Le certificat médical est obligatoire pour toute demande et tout renouvellement. Il doit être rempli, daté et signé par un médecin de votre choix qui connaît votre enfant, avec son numéro RPPS. Selon monparcourshandicap.gouv.fr, il reste valable 12 mois : un certificat plus ancien devra être refait. Le médecin peut joindre les comptes rendus récents (consultations spécialisées, bilans paramédicaux) qui éclairent le retentissement fonctionnel.

Préparez la consultation : apportez les bilans et des exemples concrets (« il lui faut 1 h 30 pour des devoirs prévus pour 20 minutes », « il quitte sa chaise plusieurs fois par cours selon l'enseignante », « les crises après l'école sont presque quotidiennes »).

Décrire le quotidien de votre enfant est plus simple quand vous en gardez une trace. Neurenix vous aide à suivre les consignes, les réussites et les émotions au fil des semaines, avec un plan Découverte gratuit et sans carte bancaire.

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Le projet de vie MDPH TDAH : exprimer vos attentes

La partie « attentes et besoins », que l'on appelait autrefois « projet de vie », est souvent celle qui bloque les parents. C'est pourtant là que vous expliquez, avec vos mots, comment se passent les journées et ce qui aiderait votre enfant. L'évaluation de l'équipe tient compte de ces souhaits.

Ce qui aide vraiment

  • Décrire des situations, pas des généralités. Plutôt que « il est très agité », écrivez « en classe, il se lève plusieurs fois par heure ; le maître le recadre souvent, il rentre en disant qu'il est nul ».
  • Parler du retentissement : sur les apprentissages, les relations avec les autres enfants, l'estime de soi, l'organisation familiale, votre activité professionnelle si elle est réduite.
  • Mentionner ce qui a déjà été tenté : PAP, aménagements, suivi orthophonique ou psychomoteur, programme d'entraînement aux habiletés parentales, outils à la maison.
  • Formuler des besoins concrets : « avoir un adulte pour l'aider à démarrer les tâches et à rester concentré », « pouvoir taper ses écrits », « alléger les copies ».
  • Donner la parole à votre enfant s'il en a l'âge : une ou deux phrases de lui (« j'aimerais qu'on m'aide à comprendre les consignes ») donnent beaucoup de relief.

Exemples de phrases selon l'âge

En maternelle ou en CP : « Les temps de regroupement sont très difficiles, il ne parvient pas à rester assis et l'enseignante doit souvent l'isoler. » En élémentaire : « Il comprend les notions à l'oral, mais il ne termine presque jamais un exercice écrit seul. » Au collège : « Il oublie régulièrement ses affaires et ses devoirs, ce qui entraîne des sanctions ; il commence à refuser d'aller en cours. »

Parents et enfant réunis sous une couverture autour d'un livre : décrire le quotidien de l'enfant pour le dossier MDPH
Le dossier MDPH s'appuie sur votre connaissance du quotidien de l'enfant : notez des exemples concrets au fil des semaines.

Les pièces à joindre au dossier MDPH TDAH

Les pièces obligatoires

  • le formulaire de demande MDPH ;
  • le certificat médical original de moins de 12 mois ;
  • un justificatif d'identité de l'enfant ;
  • un justificatif de domicile.

Les pièces qui renforcent le dossier

  • Le GEVA-Sco : pour une première demande, il est rempli par l'équipe éducative de l'école (enseignants, directeur ou chef d'établissement, éventuellement médecin scolaire), à votre demande ou à celle de l'équipe. C'est vous qui le transmettez à la MDPH avec le formulaire. Lors d'un réexamen, il est rempli en équipe de suivi de la scolarisation (ESS) et transmis par l'enseignant référent, avec votre accord.
  • Les bilans : neuropsychologique, orthophonique, psychomoteur, ergothérapique, selon ce qui a été réalisé.
  • Les comptes rendus du pédopsychiatre, du neuropédiatre ou du médecin qui suit votre enfant.
  • Les documents scolaires : PAP en cours, bulletins avec appréciations, éventuels courriers de l'école.

Demandez la réunion d'équipe éducative suffisamment tôt : le GEVA-Sco prend parfois du temps à être rempli. Gardez une copie datée de tout ce que vous envoyez.

AEEH TDAH : ce qu'il faut savoir sur l'allocation

L'AEEH est une allocation destinée à compenser les frais d'éducation et de soins d'un enfant en situation de handicap. D'après service-public.gouv.fr, elle concerne un enfant de moins de 20 ans dont le taux d'incapacité est d'au moins 80 %, ou compris entre 50 et 79 % s'il fréquente un établissement ou un dispositif adapté, ou si son état nécessite des soins ou un accompagnement préconisés par la CDAPH. Un complément peut s'ajouter, réparti en 6 catégories, selon les frais engagés, la réduction ou l'arrêt d'activité d'un parent ou l'embauche d'une tierce personne ; une majoration existe pour le parent qui élève seul son enfant.

Le taux d'incapacité est fixé par la MDPH à partir de l'évaluation : il n'existe pas de taux « automatique » pour le TDAH, et l'attribution n'est jamais garantie. Les montants sont revalorisés chaque année ; pour les connaître, consultez directement la page officielle de service-public.gouv.fr consacrée à l'AEEH plutôt qu'un chiffre recopié ailleurs.

Délais et recours : que faire si la réponse ne convient pas ?

Les délais

Pour l'AEEH, service-public.gouv.fr indique que l'absence de réponse au bout de 4 mois vaut rejet de la demande. Les délais réels varient selon les départements : déposez le dossier plusieurs mois avant la rentrée si vous visez un PPS ou une aide humaine pour septembre, et anticipez de même un renouvellement.

Le recours amiable (RAPO)

Si vous n'êtes pas d'accord avec une décision de la CDAPH, vous devez d'abord former un recours administratif préalable obligatoire (RAPO) auprès de la MDPH, dans les 2 mois suivant la notification. Expliquez ce qui ne correspond pas à la situation et joignez tout élément nouveau (bilan, courrier de l'école). Si le RAPO est rejeté, un recours devant le tribunal judiciaire est possible, lui aussi dans un délai de 2 mois. Une association de familles comme HyperSupers – TDAH France peut vous orienter dans ces démarches.

Les erreurs fréquentes dans un dossier MDPH TDAH enfant

  1. Envoyer un certificat médical trop ancien : au-delà de 12 mois, il n'est plus valable et le dossier est retardé.
  2. Minimiser les difficultés : par pudeur, on décrit « les bons jours », alors que l'équipe a besoin du quotidien réel.
  3. Oublier le GEVA-Sco quand on demande un PPS ou une aide humaine : sans regard de l'école, l'évaluation des besoins scolaires est plus difficile.
  4. Écrire des généralités dans la partie attentes : les exemples précis, datés, chiffrés quand c'est possible, parlent davantage.
  5. Déposer trop tard pour la rentrée, ou laisser passer la date de fin des droits avant de demander le renouvellement.

Un journal d'observation pour décrire le quotidien

Le plus difficile, au moment de remplir le dossier, est souvent de se souvenir : combien de crises ce mois-ci ? Quels jours sont les plus compliqués ? Qu'est-ce qui marche déjà ? Tenir un petit journal d'observation pendant quelques semaines avant le rendez-vous médical et la rédaction des attentes aide à répondre avec des faits plutôt qu'avec des impressions.

Un simple carnet suffit : la date, la situation, ce qui a aidé, et aussi les réussites, qui montrent les leviers sur lesquels s'appuyer. Les moments de tension autour des devoirs ou les crises de colère sont typiquement les situations à décrire précisément.

Si vous utilisez déjà Neurenix, application de contrat de comportement éditée par Bapst Technologies, certaines traces existent déjà : le Journal des Victoires garde les réussites datées et classées par catégorie, et Insights parents montre la régularité jour par jour et les consignes les mieux ou les moins réussies (ces deux modules font partie de l'offre Famille). Ces repères peuvent vous aider à préparer vos exemples. Ils ne remplacent ni les bilans ni l'avis du médecin, et ne garantissent aucune décision de la MDPH : ils vous aident simplement à décrire le quotidien plus facilement.

Le contexte évolue aussi : voir notre point sur la rentrée 2026 et la stratégie autisme-TND. Votre MDPH reste l'interlocutrice de référence.

Sources