Les vacances devraient être une respiration. Avec un enfant TDAH ou TSA, elles ressemblent parfois à l'inverse : plus de repères, des journées sans fin, des disputes qui montent dès le deuxième jour et un retour à l'école redouté. Ce guide sur les vacances enfant TDAH vous donne une méthode simple pour garder un squelette de rythme sans transformer la maison en caserne, avec des exemples par âge et un point sur la Toussaint 2026.
Pourquoi les vacances bousculent un enfant TDAH
À l'école, la journée est découpée pour l'enfant : sonnerie, récréation, cantine, sortie. Même s'il s'y fatigue, ce cadre lui dit en permanence ce qui vient ensuite. Pendant les vacances, ce découpage disparaît d'un coup. Pour un enfant qui a du mal à organiser son temps et à s'auto-réguler, une journée vide n'est pas reposante : elle est floue. L'agitation, les « je m'ennuie » toutes les dix minutes ou les colères au moment de partir en sont souvent la conséquence, pas un caprice.
Le temps qui n'a plus de bords
Beaucoup d'enfants TDAH perçoivent mal le temps qui passe : « dans une heure » et « dans cinq minutes » se ressemblent. Sans les repères de l'école, cette difficulté devient plus visible. Voir notre article sur la cécité temporelle de l'enfant.
L'imprévu, encore plus difficile pour un enfant TSA
Un enfant avec un trouble du spectre de l'autisme peut vivre les vacances comme une suite de changements non annoncés : autre maison, autres adultes, autre nourriture, autres bruits. Plus les changements sont annoncés à l'avance, plus ils deviennent supportables.
L'Assurance Maladie rappelle d'ailleurs, dans ses conseils de vie quotidienne pour l'enfant TDAH, l'intérêt d'instaurer des routines et des repères dans le temps, et de privilégier les activités sportives et les jeux en extérieur avant 17 heures en cas de difficultés d'endormissement. Ces repères ne prennent pas de vacances.
Vacances enfant TDAH : garder un squelette de rythme
L'idée n'est pas de reproduire l'emploi du temps de l'école, mais de garder une colonne vertébrale. Trois ancres suffisent la plupart du temps.
Trois ancres fixes : lever, repas, coucher
- Le lever : on peut le décaler, mais d'une heure au plus par rapport aux jours d'école. Au-delà, le retour sera douloureux.
- Les repas : à heures à peu près régulières, ils découpent la journée en trois morceaux lisibles (matin, après-midi, soirée).
- Le coucher : même logique, avec le même rituel que d'habitude. Si votre routine du soir fonctionne, gardez-la telle quelle ; notre article routine du soir et coucher TDAH détaille comment la construire.
Vacances de la Toussaint : le changement d'heure tombe en plein milieu
Les vacances de la Toussaint 2026 se déroulent, en métropole et pour les trois zones, du samedi 17 octobre (après les cours, ou le vendredi 16 au soir pour les élèves qui n'ont pas classe le samedi) au lundi 2 novembre au matin. Et le passage à l'heure d'hiver a lieu en plein milieu : dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 octobre 2026, à 3 heures il sera 2 heures.
Pour un enfant sensible aux horaires, cette heure « gagnée » peut décaler le réveil et l'endormissement pendant plusieurs jours. Le plus simple : caler dès le dimanche les repas et le coucher sur la nouvelle heure, sortir le matin pour profiter de la lumière, et prévenir votre enfant la veille : « cette nuit, les horloges reculent d'une heure ».
Garder un rythme pendant les vacances avec un planning visuel
Un enfant TDAH vit dans le présent. Lui dire « jeudi on va chez mamie » ne suffit pas toujours ; le lui montrer, si. Le planning visuel transforme une semaine abstraite en une suite de cases qu'il peut regarder seul.
Comment le construire
- Une colonne par jour, avec deux ou trois cases : matin, après-midi, soirée.
- Un seul « gros » événement par jour au plus (sortie, visite, cinéma), le reste étant du temps à la maison.
- Des moments calmes inscrits noir sur blanc, au même titre que les sorties, pour qu'ils ne soient pas vécus comme une punition.
- Une lecture ensemble le dimanche soir et un rappel chaque matin au petit-déjeuner : « aujourd'hui, piscine cet après-midi ».
Une feuille sur le frigo avec des dessins de votre enfant fonctionne très bien. Si vous préférez le numérique, Calendrix, le calendrier familial partagé de Neurenix (plan Famille), permet d'ajouter les événements de chacun, avec les participants et la récurrence, et de regarder la semaine ensemble en début de semaine.
Alterner ce qui bouge et ce qui apaise
Une règle pratique pour remplir les cases : après une activité physique, un moment calme ; après un moment calme, une activité qui bouge. Vélo puis puzzle, parc puis lecture, piscine puis dessin. Cette alternance évite l'enfant qui tourne en rond comme celui qui explose le soir, épuisé.
Vous voulez garder quelques repères pendant les vacances sans tout surveiller vous-même ? Neurenix vous aide à poser un contrat de comportement allégé, avec des consignes positives et des récompenses choisies ensemble. Gratuit, sans carte bancaire.
Créer mon contrat gratuit →Gérer l'ennui et les écrans pendant les vacances
« Je m'ennuie » est sans doute la phrase la plus entendue des vacances. Pour un enfant TDAH, l'ennui est particulièrement inconfortable, et l'écran est la sortie de secours la plus rapide.
La boîte à idées anti-ennui
Avant les vacances, faites avec votre enfant une liste de quinze ou vingt activités qu'il aime et qu'il peut lancer seul ou presque : construire une cabane, un circuit de billes, un parcours dans le jardin, une recette simple, un jeu de société, une chasse au trésor. Écrivez-les sur des papiers dans une boîte. Quand l'ennui arrive, il pioche.
Des écrans prévus plutôt que négociés
Les vacances ne sont pas le moment de tout interdire, ni celui de tout laisser. Le plus simple est d'inscrire les temps d'écran dans le planning, à des moments fixes, et de les annoncer à l'avance avec leur durée. Ce qui est prévu se négocie beaucoup moins que ce qui est accordé au coup par coup. Nos règles détaillées sont dans l'article gestion des écrans et TDAH ; elles valent aussi pendant les vacances.
Transitions TDAH : sorties, fratrie et grands-parents
Les transitions TDAH, c'est-à-dire le passage d'une activité à une autre, sont souvent le moment où tout dérape : arrêter de jouer pour partir, quitter le parc, sortir de la voiture. Pendant les vacances, il y en a beaucoup plus.
Prévenir, compter, montrer
- Prévenez deux fois : dix minutes avant, puis deux minutes avant. « Dans dix minutes, on range pour aller chez tonton. »
- Rendez le temps visible avec un minuteur. Notre minuteur visuel gratuit en ligne fonctionne sans compte, sur téléphone ou tablette : le disque coloré qui diminue rend la fin concrète.
- Annoncez la suite en même temps que la fin : « on arrête les Lego, et dans la voiture tu choisis la musique ».
Le plan B, toujours dans la poche
Une sortie au zoo peut tourner court : trop de monde, trop de bruit, trop d'attente. Prévoyez à l'avance une porte de sortie (un coin calme, un en-cas, un retour plus tôt) et dites-la à votre enfant avant de partir : « si c'est trop, tu me fais signe et on va s'asseoir à l'ombre ». Savoir qu'il existe une issue rassure.
Fratrie : chacun son espace
Pendant les vacances, les enfants passent beaucoup plus de temps ensemble, et les conflits augmentent mécaniquement. Prévoyez des moments où chacun a son espace et son activité, et quelques moments partagés courts et bien définis. Pensez aussi au frère ou à la sœur qui « se débrouille » : un moment seul avec un parent, même court, compte beaucoup.
Grands-parents : une page pour l'essentiel
Si votre enfant passe quelques jours chez ses grands-parents, donnez-leur l'essentiel sur une seule page : les horaires d'ancrage, les deux ou trois règles qui comptent vraiment, les signes de fatigue qui annoncent une crise, et ce qui l'apaise. Les grands-parents n'ont pas besoin d'appliquer votre système à la lettre ; ils ont besoin de ne pas aller contre.

Le contrat de comportement en version vacances
Si vous utilisez un contrat de comportement pendant l'année, ne l'arrêtez pas net, mais ne le gardez pas tel quel non plus. Une version vacances, plus légère, garde le fil sans peser sur tout le monde.
Moins de consignes, plus faciles
Gardez deux ou trois consignes au lieu de cinq ou six, formulées positivement et adaptées aux vacances : « je m'habille avant 10 heures », « je range mes jeux avant le dîner », « j'éteins l'écran à la sonnerie ». Le principe ressemble aux jours bonus du Contrat de Famille de Neurenix (mercredi, samedi et dimanche), où les consignes sont plus légères pour faire monter la confiance sans pression.
Des récompenses qui sont des activités
Les vacances sont le moment idéal pour des récompenses-activités : choisir la sortie du lendemain, une partie de jeu avec papa, faire des crêpes, une soirée film. Elles coûtent peu et renforcent le lien. Et comme toute l'année, un jeton gagné n'est jamais retiré. Notre guide de l'économie de jetons TDAH explique comment fixer le bon niveau.
Exemples de journée de vacances selon l'âge
Des points de départ, à adapter à votre enfant.
Maternelle (3-5 ans)
Prenons Léa, 4 ans. Lever vers 8 heures, petit-déjeuner, jeu libre. Sortie au parc dans la matinée. Déjeuner, puis temps calme ou sieste avec des livres. Atelier pâte à modeler ou peinture, goûter, bain, dîner, histoire, coucher à l'heure habituelle. À cet âge, les transitions s'annoncent avec une chanson ou un objet (« quand le minuteur a fini, on met les chaussures »), et une seule nouveauté par jour suffit.
Primaire (6-10 ans)
Prenons Léo, 8 ans. Lever 8 h 30, une petite tâche du contrat (s'habiller, faire son lit). Matinée active : vélo, piscine ou centre de loisirs. Après le déjeuner, moment calme : lecture, jeu de construction, quinze minutes de devoirs de vacances si l'enseignant en a donné. Temps d'écran prévu en fin d'après-midi, minuteur à l'appui. Le soir, il coche ses consignes et choisit dans la boîte à idées l'activité du lendemain matin.
Collège (11-14 ans)
Prenons Inès, 12 ans. L'adolescente veut plus de liberté, et c'est normal. On négocie ensemble : une heure de lever plancher, un repas pris en famille par jour, un projet de vacances qu'elle choisit (cuisiner un repas complet, un montage vidéo, un défi sportif). Le planning se fait avec elle, pas pour elle : c'est ce qui le rend acceptable.
Préparer le retour à l'école après les vacances
Le retour à l'école après les vacances se prépare deux ou trois jours avant, pas le dimanche soir. Pour la Toussaint 2026, commencez le vendredi 30 octobre pour une reprise le lundi 2 novembre.
Trois jours pour atterrir
- J-3 : on avance le coucher et le lever vers les horaires d'école, par paliers d'un quart d'heure, en tenant compte du changement d'heure.
- J-2 : on remet en place la routine du matin, même sans école : habillage, petit-déjeuner, cartable regardé ensemble. Notre méthode pour une routine du matin TDAH vous servira de base.
- J-1 : on prépare le cartable et les vêtements, on parle de ce qui attend l'enfant (« lundi, tu retrouves ta maîtresse et Noé »), on réduit les écrans du soir et on garde une soirée calme.
Remettre le contrat en version école
La veille de la reprise, reprenez ensemble les consignes de l'année, en félicitant ce qui a bien marché pendant les vacances. Le passage de la version vacances à la version école doit être annoncé, comme toute transition.
Neurenix, l'application de contrat de comportement éditée par Bapst Technologies : vous allégez les consignes, vous les remettez, et l'enfant continue de cocher lui-même. Elle reste un outil du quotidien, pas un traitement, et ne remplace pas l'avis de votre médecin ou des professionnels qui suivent votre enfant. Si les vacances sont systématiquement très difficiles (sommeil durablement perturbé, crises fréquentes, grande anxiété), parlez-en avec eux.





